Meilleur apprenti de France 2026 - En sommellerie, Anouk Loirat mise à l'honneur par Carol Duval-Leroy
Carol Duval-Leroy a été conquise par le grand oral d'Anouk Loirat au point de lui accorder un prix spécial. (Photos et montage JB)
- Comment as-tu vécu les différentes étapes qui ont précédé cette finale et ensuite la finale elle-même ?
Pour moi, cette aventure s’est jouée en plusieurs temps. D'abord, les épreuves départementales et régionales, partagées avec mes camarades de classe. Cet esprit d’équipe nous a portés vers le haut. Dès cette première étape, nous avons mesuré la créativité de Monsieur Thuizat et sa volonté de nous ouvrir à toutes les facettes du métier. En parallèle, je préparais le concours du Meilleur élève des terroirs du pays nantais en multipliant les visites de vignobles, ce qui a été un formidable entraînement pour les MAF (Meilleurs apprentis de France, ndlr).
Puis, la surprise : la finale a été avancée à début juillet au lieu de septembre. Il a fallu condenser tout mon planning de révisions en quelques semaines. Le stress est monté d'un cran, mais l'annonce du lieu m'a enchantée. Pouvoir concourir au sein de la prestigieuse maison Duval-Leroy, dirigée par une femme aussi inspirante que Carol Duval-Leroy, m'a profondément émue.
J’avais visité le domaine plus tôt dans l'année et j'avais eu un coup de cœur absolu pour la cuvée "Petit Meslier", un vin d'une immense complexité qui m’avait bouleversée. Pour me préparer, j'ai eu la chance incroyable d'être soutenue par ma famille, mes amis et des professionnels bienveillants durant cette période intense.
La veille de la finale, en Champagne, la tension était à son comble. Face à mes doutes, impossible de dormir ! Heureusement, le dîner d’accueil organisé par la maison a permis de briser la glace. Entre candidats plus loquaces ou plus discrets, l’équilibre s'est fait naturellement. Nous avons découvert des locaux splendides dans une ambiance à la fois très professionnelle et chaleureuse. Quel honneur d'être ici !
- Ton sentiment sur les ateliers de la finale et du coup envisages-tu de te présenter à d'autres concours professionnels ?
Les ateliers étaient d’une grande exigence et sortaient des sentiers battus. Cette originalité nous poussait à développer une culture très large des boissons, mais elle compliquait aussi la préparation. Trouver le matériel ou se procurer un café spécifique auprès du torréfacteur concerné a demandé beaucoup de temps et d’investissements. Nous n'avions que quatre semaines pour tout assimiler.
Il a fallu dépasser nos limites et chercher des solutions par nous-mêmes, les lycées étant alors en période d'examens. Pour me consacrer pleinement à ce défi, j'ai même choisi de reporter un contrat en cuisine. Ma curiosité naturelle m'a aidée : j'ai vécu cette préparation comme un puzzle dont les pièces s'assemblaient peu à peu jusqu'au jour J.
Face à nous, le jury était impressionnant mais d'une immense bienveillance. Je pense notamment à Sandrine Logette-Jardin, une grande figure de la profession que j'admire énormément qui a su garder toute son humanité en me permettant de me reconcentrer et de retrouver mon souffle.
Quant à l'avenir, je n'avais pas prévu de faire de concours cette année, et je n'en projette pas d'autres pour le moment. Mais comme toujours... advienne que pourra !
- Pas de médaille à la fin mais un prix spécial. Peux-tu rappeler ce qui faisait l'originalité de ton dossier du grand oral et dire ce que tu as ressenti lorsque Carol Duval-Leroy a mis ta performance en valeur ?
Je pense que l'originalité de mon dossier résidait dans la sincérité et la profondeur des recherches. Je ne me suis pas contentée de répondre à un sujet : j'ai voulu rendre un hommage vibrant à la maison Duval-Leroy et à Carol Duval-Leroy, dont le parcours me touche particulièrement.
J'ai notamment imaginé une édition limitée de la cuvée Femme de Champagne illustrée par Tille Pepermans, une artiste belge dont les œuvres font écho à l'histoire personnelle de Carol Duval-Leroy , cette transition symbolique de la ville à la campagne. Ce travail m'a demandé des nuits très courtes, mais j'ai été merveilleusement épaulée par Judicaëlle Daniel et Mathilde Moulin, qui ont su m'apporter leur regard critique.
Recevoir la reconnaissance de Madame Duval-Leroy en personne est la plus belle des récompenses. C'est une femme au courage inspirant qui rayonne à l'international. Alors, quand on me demande si je suis déçue de ne pas avoir de médaille, je réponds par un "non" catégorique, je ne pensais même pas atteindre la finale ! Réussir à transmettre de l'émotion et partager notre passion, c'est l'essence même de la sommellerie. Je suis simplement fière d'être arrivée jusqu'ici, avec seulement quelques mois de formation et sans autre expérience que mes stages.
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