Meilleur sommelier du monde 2023 : voici la saga Pascaline Lepeltier, candidate de la France (épisode 3)

Publié le par Jean Bernard

A l'abbaye de Fontevraud, le 17 janvier 2011, ils étaient huit en demi-finale. (Photo JB)

A l'abbaye de Fontevraud, le 17 janvier 2011, ils étaient huit en demi-finale. (Photo JB)

Avec ce fameux magnum Pascaline Lepeltier a failli rester en carafe... (Photo JB)

Avec ce fameux magnum Pascaline Lepeltier a failli rester en carafe... (Photo JB)

En février 2023, l'Union de la sommellerie française accueillera à Paris les candidats d'une soixantaine de pays à l'occasion du concours ASI du Meilleur sommelier du monde.

Pascaline Lepeltier sera la représentante de la France. Pour mieux la connaître et évoquer de nombreuses anecdotes, je vous propose cette saga articulée autour de photos qui balisent le parcours professionnel de celle qui cumule déjà les titres de Meilleur sommelier de France et de Un des Meilleurs ouvriers de France. A chaque épisode, Pascaline va piocher dans ses souvenirs afin de les partager avec vous.

Après 2006 à Nîmes et les premières rencontres avec d'autres brillants jeunes sommeliers, puis 2008 et une présence inattendue (pour elle !) en finale du concours du Meilleur sommelier de France à Perpignan, Pascaline Lepeltier revient sur le devant de la scène en janvier 2011 à l'occasion de ce même concours.

Retenue au terme de la sélection, elle retrouve en demi-finale quelques visages connus. Romain Iltis, Antoine Petrus et Benjamin Roffet étaient déjà du voyage en Roussillon. "Il y avait également Jonathan Bauer-Monneret avec qui j'avais établi des liens très forts... En fait nous avons tous grandi ensemble."

A l'abbaye de Fontevraud qui accueillera l'assemblée générale de l'Union de la sommellerie française au lendemain de la finale, Pascaline est sur ses terres, celles du chenin dont elle est devenue l'ambassadrice. "Mais à l'époque je n'avais pas la même relation avec la Loire qu'aujourd'hui et si ce concours avait lieu maintenant au même endroit, j'aurais beaucoup plus de pression", avoue-t-elle.

Avec les trois premiers cités, elle déjoue les pièges du comité technique et voit les portes d'une deuxième finale s'ouvrir devant elle. Si elle a évolué depuis Perpignan et notamment gagné en expérience, elle ne parviendra pas à exprimer tout cela devant le très nombreux public présent.

"Pas satisfaite de ma prestation"

"A titre personnel je n'étais pas très bien, j'avais déjà rejoint New York et j'étais à un moment charnière de ma vie professionnelle et personnelle. Mon attitude n'était pas de l'arrogance mais ce que j'apprenais sur moi me bousculait. Et donc, même si j'étais mieux préparée je n'ai pas été satisfaite de ma prestation..."

Le titre reviendra à Benjamin Roffet, lequel, jusqu'au mois de février 2023 et le concours mondial organisé à Paris, est son suppléant.

"A l'issue de la finale j'avais clairement conscience qu'il me fallait changer. Je n'étais pas heureuse de l'image que je dégageais. Ce fut dont une grosse déception à plusieurs niveaux."

Parmi les épreuves de la finale, le carafage d'un magnum de vin rouge allait semer le trouble dans l'esprit de la candidate. "Je me suis dit alors que ce concours n'était pas fait pour les petits bouts de femme comme moi. J'avais très peur de lâcher ce magnum... Mais depuis, je me suis entraînée et je maîtrise l'opération !"

Echec aux vertus thérapeutiques

Au terme de la finale et de l'annonce du résultat, Pascaline Lepeltier avoue donc avoir eu conscience de ses erreurs et des insuffisances de sa prestation. "Ce fut dur à accepter mais l'échec  de Fontevraud eut des vertus thérapeutiques."

Une étape de sa vie de compétitrice qu'elle aurait aimé enrichir de contacts et d'informations. "Malheureusement, il n'y a pas eu vraiment d'échanges. Si à Perpignan David Biraud m'avait consacré un peu de temps pour débriefer ma finale, ce ne fut pas le cas ensuite. Les quelques retours auxquels j'ai eu droit étaient assez durs mais surtout ils ne portaient pas sur ma performance elle-même alors que ce sont des conseils et des encouragements dont on a besoin après un échec. Fontevraud m'a fait comprendre que ma place était aux USA..."

Pascaline a donc mis les concours français entre parenthèses. Pour asseoir sa nouvelle vie professionnelle et préparer son retour.

Pour en savoir plus, rendez-vous au prochain épisode.

 

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