Michel Thievin, caviste parisien, rêve de trouver son successeur

Publié le par Jean Bernard

Dans le quartier des Gobelins, Michel Thievin (photo Sabine Segura) a donné une âme à "La petite cave".

Dans le quartier des Gobelins, Michel Thievin (photo Sabine Segura) a donné une âme à "La petite cave".

Michel Thievin, caviste parisien, rêve de trouver son successeur

Il aurait pu initier au sport des générations d'enfants mais il a préféré éduquer les palais parisiens en provoquant des rencontres entre vignerons et épicuriens. Ainsi pourrait se résumer l'histoire de Michel Thievin.

Originaire de Barbizon, source d'inspiration pour les peintres depuis plus de 150 ans, c'est en effet au métier de professeur d'éducation physique et sportive qu'il semblait destiné. Ainsi, en 1973, le CREPS de Vichy l'accueille pour se former aux méthodes pédagogiques. "Mais j'étais très influencé par les idées nouvelles portées par Mai 68 et les cours que je donnais en tant que stagiaire professeur ne correspondaient pas au moule de l'Education nationale..." Plutôt que mettre de l'eau dans son vin, Michel quitte la cité thermale et choisit de se débarrasser aussi vite que possible de ses obligations militaire.

Diplôme d'œnologie à Dijon

Après une période de réflexion et fort d'un certain intérêt pour le monde du vin, c'est à Dijon qu'il s'installe afin d'obtenir un diplôme d'œnologie. "Dans ma promotion, il y avait de nombreux fils de viticulteurs bourguignons pour lesquels l'avenir était tout tracé. Moi c'est en Provence, au domaine du Rouët, que j'ai accompli les stages de vinification puis d'élevage. Et une fois la formation achevée, je suis resté sur place pendant six ans et terminé ce séjour en tant que responsable de cave."

Des connaissances techniques mises ensuite au service d'un négociant basé à Charenton. "Mais lorsque la législation a imposé aux vins d'appellation la mise en bouteilles sur le lieu de production, mon poste n'était plus justifié. Je me suis alors orienté vers des missions de courtier jusqu'à ce que l'idée de m'installer caviste ne fasse son chemin. Encouragé par quelques amis, j'ai repris un local commercial situé boulevard de Port-Royal dans le quartier des Gobelins (Paris 13e). En octobre 1999 j'ai donc ouvert 'La p'tite cave'."

Trois fois par mois dans le vignoble

Un boutique chaleureuse à l'image de son propriétaire qui est fier de privilégier le contact. "C'est la meilleure manière pour comprendre les attentes du visiteur et trouver parmi les plus de 500 références en stock le vin qui le satisfera." Des vins issus en quasi-totalité des domaines, "seul le négoce bordelais est parfois incontournable".

"Pour cela, trois fois par moi je me rends dans le vignoble. J'ai besoin d'aller à la rencontre des vignerons, de découvrir les terroirs et leur environnement. Cela permet d'établir des liens parfois très fort au point de faire de ma boutique le seul lieu parisien où trouver leurs vins." Dernier exemple en date, le domaine du Chalet Pouilly à Saint-Véran.

Des sorties qui lui ont également permis d'être parmi les tout premiers à saisir le potentiel du domaine Montcalmes en Terrasses du Larzac.

"Un successeur à mon image"

Michel Thievin qui avoue également s'être intéressé bien avant l'heure aux vins issus de l'agriculture biologique, à la biodynamie et même aux vins naturels, s'apprête à tourner la page à presque 70 ans, au terme d'une vie professionnelle bien remplie au service du vin.

"J'aimerais trouver un successeur à mon image. Quelqu'un qui cultive le sens du commerce de proximité. Un passionné à l'écoute en ne prenant jamais le client pour un imbécile. Il faut savoir poser les questions pour amener le futur acheteur à se dévoiler pour l'orienter le mieux possible. Et puis ici il y a encore beaucoup à faire. On peut développer l'activité bar à vins, proposer des assiettes gourmandes et proposer, plus que je ne l'ai fait moi-même, les cadeaux d'entreprise."

Sans oublier de chercher sans cesse de nouveaux coups de cœur, à l'image du dernier en date du futur retraité, "le Côte du Duras d'une vigneronne, Nadia Lusseau, qui pratique la biodynamie au château Haut-Lavigne..."

 

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