Sommellerie : à Berlin, Manu Rosier prend le temps de déguster français

Publié le par Jean Bernard

Emmanuel (Manu pour tous ceux qui croisent sa route un jour) Rosier à l'accent qui navigue entre anglais et allemand lorsqu'il parle français. Sa langue maternelle, celle d'un enfant du Beaujolais dont la première vie professionnelle s'est organisée autour des métiers du tourisme. "C'est un univers qui m'attirait ! Mais lorsqu'on a un père proviseur il faut des diplômes..." Un Bac économique et social puis un BTS dans cette fameuse branche.

"En revanche, j'avais un niveau un peu juste en langues étrangères !" Et pour être sûr et certain de ne pas croiser la route de compatriotes, il profite du programme Erasmus pour aller améliorer son anglais en... Finlande. "A partir de cette expérience je ne suis plus revenu en France, sauf pour l'examen. Suède, Italie puis la Belgique afin de poursuivre mes études dans le marketing. Puis, pendant quatre ans, j'ai travaillé dans une société anglaise qui était spécialisée dans l'hôtellerie de plein air."

Une vocation trouvée dans un bouchon lyonnais

Mais la France commençait à lui manquer (enfin) un peu., "Je me suis posé à Lyon et j'ai essayé de travaillé en restauration en attendant la suite. C'était dans un bouchon, "Gaston"un restaurant agricole qui n'existe plus aujourd'hui. C'est là que j'ai trouvé ma vraie vocation ! Je vendais, j'expliquais, j'aimais ce contact direct et c'est là aussi que j'ai commencé à faire plaisir à mon grand-père, un épicurien, en commençant à m'intéresser de très près au vin."

Pour approfondir ses connaissances, Manu Rosier mise sur le nouveau monde et la Nouvelle-Zélande en particulier. "Dès la première nuit sur place j'ai oublié l'idée de repartir !" Il travaille dans un hôtel-restaurant, prend des cours spécialisés à Auckland et croise la route de Cameron Douglas, alors seul Master sommelier du pays. "Il m'a incité à suivre sa voie et à me lancer dans cette aventure. J'ai accompagné cela de quelques participations à des concours et j'ai remporté le concours du Meilleur sommelier de Nouvelle-Zélande en 2013."

Sommelier à l'image décalée

Début 2015, notre homme retrouve l'Europe et choisit Berlin, une capitale qui vit et vibre pour le vin. "J'ai décidé de me consacrer totalement à la sommellerie malgré mon image décalée avec tatouages et look original. Mais tout cela collait bien à l'esprit du "Cordobar", le top des bars à vins de la ville. Sans costume ni cravate je pouvais vivre mon métier et cela a changé ma vie."

En parallèle, il avance étape par étape dans l'univers du Master sommelier et du WSET dispute le concours du Meilleur sommelier d'Allemagne, "en 2017, l'année du sacre de Marc Almert". Avec sa compagne, il exploite un restaurant dans les Alpes autrichiennes avant de vivre une petite expérience dans un restaurant étoilé à Zurich. "Ce qui m'a confirmé que ce n'était pas mon univers!".

Revenu à Berlin depuis quelques mois il concrétise un nouveau projet avec un partenaire. "Je me lance dans le numérique afin de partager mes connaissances. C'est quelque chose de différent, une offre pédagogique qui propose des éléments qui manquent souvent en Allemagne dans le cadre de la formation. Je m'adresse donc à un public de personnes qui veulent trouver des réponses et apprendre seules."

Le début d'une nouvelle aventure qui ne l'empêche pas de trouver quelques minutes pour parler d'un vin français dont une certaine clientèle est très friande outre-Rhin.

Bonne dégustation en images...

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article