Concours Europe et Afrique 2020 : un sommelier français portera les couleurs de la Suisse

Publié le par Jean Bernard

Reza Nahaboo va mettre quelques amis à contribution afin de bien se préparer. (Photo STV)

Reza Nahaboo va mettre quelques amis à contribution afin de bien se préparer. (Photo STV)

Même si le quotidien d'un humain sur deux est actuellement bousculé, rien n'empêche de se tourner vers l'avenir. Et, pour de nombreux sommeliers en Europe et Afrique, cela sous-entend préparer le prochain concours du Meilleur sommelier d'Europe et Afrique qui doit normalement se dérouler à Chypre en novembre 2020. Toutefois tous les pays n'ont pas encore organisé leur sélection   alors que pour d'autres c'est chose faite depuis plusieurs semaines voire plusieurs mois.

En Suisse, cette sélection s'est déroulée avant le début des mesures restrictives de l'activité. Trois candidats étaient en lice : Aurélien Blanc, Mickael Jenni et Reza Nahaboo. Et c'est ce dernier qui a le mieux géré les épreuves proposées par le comité technique dirigé par Paolo Basso, Meilleur sommelier du monde 2013, avec le concours de Piero Tenca (président de l'ASSP) et de quelques-uns de ses membres.

Reza Nahaboo, 32 ans, est Français. Originaire de La Réunion, il succède à Fabio Masi, candidat helvétique d'origine italienne lors du dernier mondial. "Toute ma formation aux métiers de la restauration s'est effectuée sous la forme de l'apprentissage. Au CFA  de Bourgoin-Jallieu d'abord puis à l'IMT de Grenoble où j'ai obtenu la mention complémentaire sommellerie."

Vainqueur du concours du Val de Loire

Cette année-là, en 2007, Reza a découvert l'univers des concours. Sous les yeux de Pascal Leonetti parrain de l'épreuve, il remporte le titre de Meilleur jeune sommelier en vins du Val de Loire. Pour l'anecdote, celui qui avait remporté le titre de Meilleur élève du Val de Loire s'appelait Loïc Avril. Devenu lui aussi sommelier, il représentait l'Australie lors du dernier mondial.

Mais revevons à Reza Nahaboo... "J'avais bénéficié pour ma préparation des conseils d'Anthony Caron, le patron du restaurant Le Cloître, à Vienne. La carte des vins était très ouverte et en plus du restaurant, on travaillait aussi sur des bateaux qui sillonnaient le Rhône le long des vignes."

Son diplôme en poche, le Lyonnais d'adoption fera ses premières armes en Suisse. "A 19 ans, j'ai rejoint "L'Ermitage" à Montreux où j'avais la responsabilité de la sommellerie. Pendant un an j'ai beaucoup appris mais je voulais connaître autre chose et j'ai rejoint un trois étoiles Michelin, "L'Hôtel de ville de Crissier" alors sous la responsabilité de Philippe Rochat. Ensuite, au rythme d'un poste par an, j'ai accumulé les expériences. Ainsi au restaurant "Le pas de l'ours" j'ai tout assumé, du choix de la verrerie à la carte des vins. J'ai travaillé aussi au "Four Seasons" de Genève puis dans un wine bar avant de participer à l'ouverture du "Royal Savoy" à Lausanne où Marc Haeberlin signait la cuisine. C'est là que j'ai été récompensé pour la plus belle carte des vins de Suisse."

Un titre en 2016 et le rêve de devenir MOF

Mais aujourd'hui, pour retrouver Reza Nahaboo, il faut s'éloigner un peu des critères de la restauration classique. Le jeune professionnel a rejoint l'Institut de hautes études de Glion, toujours sur les bords du Léman. "J'ai postulé lorsque j'ai appris la volonté de l'école hôtelière d'ouvrir un restaurant gastronomique. Il y avait une carte des vins à créer et bien entendu partager mon expérience et mes connaissances avec les étudiants. C'était aussi l'opportunité de travailler avec des Meilleurs ouvriers de France. Ils sont trois à intervenir en cuisine et Chantal Wittmann évolue avec moi en salle. En fait 20% de mon temps est consacré à des cours classiques et les reste à du coaching auprès de la brigade qui travaille à mes côtés à chaque service."

Si le restaurant "La belle vue" qui n'a pas volé son nom mobilise l'essentiel de son énergie, Reza consacre aussi du temps à la préparation des concours comme il le fait depuis plusieurs années. Il fut ainsi présent à Paris lors de la sélection pour le Meilleur sommelier de France 2012 puis à Montpellier pour celle du MOF en janvier 2018. "En fait, j'ai deux objectifs : obtenir le titre de Master sommelier et celui de Meilleur ouvrier de France. Les deux me font rêver et me semblent complémentaires."

Et comme il ne manque pas de volonté, il se donne les moyens d'arriver à ses fins un jour ou l'autre. "Trois fois j'ai terminé sur le podium du concours du Meilleur sommelier de Suisse. Et en 2016 j'ai enfin décroché le titre." Titre qui lui a permis d'être sélectionné pour le concours Europe-Afrique que le confinement lui permet de préparer un peu plus intensément. "Fabio Masi m'a déjà donné des conseils et je vais réunir quelques amis pour m'aider dans ma préparation au cours des prochains mois..."

David Garnier (responsable de la communication ASSP Romande), Bruno Thomas Eltschinger (président ASSP Suisse alémanique), Michael Sol Jenni (3e Meilleur sommelier de suisse 2018), Aurélien Blanc (MSS 2020), Reza Nahaboo, Paolo Basso,  Piero Tenca (président national de l’ASSP), Emilio Del Fante (MSS et membre du comité technique des concours). DR

David Garnier (responsable de la communication ASSP Romande), Bruno Thomas Eltschinger (président ASSP Suisse alémanique), Michael Sol Jenni (3e Meilleur sommelier de suisse 2018), Aurélien Blanc (MSS 2020), Reza Nahaboo, Paolo Basso, Piero Tenca (président national de l’ASSP), Emilio Del Fante (MSS et membre du comité technique des concours). DR

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