Sommellerie : escapade bordelaise pour l'association du Languedoc-Roussillon et vallée du Rhône sud (1)

Publié le par Jean Bernard

De visites en dégustations, le groupe a pu enrichir ses connaissances du vignoble bordelais. (DR)

De visites en dégustations, le groupe a pu enrichir ses connaissances du vignoble bordelais. (DR)

Sommellerie : escapade bordelaise pour l'association du Languedoc-Roussillon et vallée du Rhône sud (1)

Sommelière passionnée, Marie-Hélène Dal Cin était du voyage d'étude qui a conduit, pendant trois jours, les sommeliers du Languedoc-Roussillon et Vallée du Rhône Sud dans les vignobles du bordelais. Une escapade ponctuée par douze rencontres vigneronnes qui furent autant de temps forts. Elle en partage les souvenirs...

Le dimanche fut marqué par la visite de la Cité du Vin et des Civilisations à Bordeaux, où écrans tactiles, cloches à arômes, effets 3D mettent les sens en éveil des visiteurs autour de thèmes comme les terroirs et viticulture internationale, l’histoire du vin à travers les âges, les vinifications et la dégustation… En soirée, le Domaine Castéra en AOC Médoc avec son directeur depuis 1989, Jean-Pierre Darmuzet et le Château Tour des Termes (26 Ha) avec son propriétaire Christophe Anney en AOC Saint-Estèphe furent à l’honneur. La dégustation des vins de ces deux domaines fut ponctuée par un débat fort intéressant avec l’ensemble des convives sur la nouvelle réglementation des Crus Bourgeois.

Les secrets de Château Kirwan

La journée du lundi fut dédiée aux vins de la rive gauche de la Gironde. Ce périple marqué par la visite de cinq domaines commença en AOC Margaux, au Château Kirwan, 3ème Grand Cru Classé. Philippe Delfaut, directeur général de la propriété depuis 2008, présenta les 37 Ha du domaine (100 % en Bio en 2018) sur le plateau de Cantenac, où les Cabernets Sauvignon et Franc règnent en maître avec 2/3 de l’encépagement sur ces terroirs de graves. On peut noter une part non négligeable de Petit Verdot (8 %), cépage fortement replanté ces dernières années partout dans le Médoc. Dans le chai, « chaque cuve, réalisée sur mesure, est comme une petite maison », aime le dire Mr Delfaut, précurseur en œnologie, puisque la « co-inoculation » y est pratiquée, c’est-à-dire que la fermentation alcoolique et la fermentation malo-lactique se déroulent en même temps. Non moins de 60 personnes sont réquisitionnées pour la vigne et les vendanges et 15 personnes en cave pour les vinifications, et ce sous les regards contemplatifs des visiteurs, car le Château Kirwan, est un temple dédié à l’œnotourisme. Après une dégustation des millésimes 2017 (en cours d’élevage) et 2014 (Château Kirwan et les Charmes de Kirwan, second vin du domaine), le groupe a pris la direction de la commune de Saint-Estèphe.

Charmé par Château Lafon-Rochet

Sur cette appellation de Saint-Estèphe, nous avons été divinement reçus par Basile Tesseron, propriétaire du Château Lafon-Rochet, 4ème Grand Cru Classé, reconnaissable à sa couleur jaune ocre-moutarde, domaine de 40 Ha, acheté en 1960 par sa famille, plus intime du Cognaçais depuis 5 siècles auparavant. Nous pouvons citer également son grand-père maternel, qui donna son nom à un grand breuvage bordelais, Pierre Lillet. D’ailleurs, la gastronomie n’est jamais très loin : Mr Tesseron aime bien comparer ses cuves inox à « des poêles à frire » et ses cuves en béton à « des cocottes en fonte » pour leur inertie thermique. Ces dernières, de formes tronconiques inversées, permettent de travailler les contacts jus-marc avec beaucoup de délicatesse et de finesse et ainsi d’obtenir des vins plus sur le « robusta » ou « l’arabica » en force tannique suivant la cuve choisie. A nous d’en apprécier le résultat avec une belle dégustation, verticale des millésimes 2015 à 2013 en second vin « Les Pèlerins de Lafon-Rochet » et des millésimes 2015 à 2011 en Château Lafon-Rochet, où quelque soit l’année le Cabernet Sauvignon, largement majoritaire, est assemblé avec du Merlot uniquement.

Nous avons eu l’honneur de pouvoir nous délecter du millésime 2000 lors du déjeuner pris au château autour de produits locaux comme le "grenier médocain", fort apprécié. Le groupe a d'ailleurs remercié son hôte pour son accueil et sa disponibilité au terme d'un fort moment d’échanges et de partages qui a marqué ce voyage.

Belle découverte également avec le vin du Château Larrivaux, millésime 2014, en AOP Haut-Médoc, propriété dirigée, et c’est à noter, que par des femmes depuis 1580, appartenant à l’épouse de Basile Tesseron.

A suivre

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