Parcours de sommeliers des bords de la Méditerranée à la rive droite de la Dordogne

Publié le par Jean Bernard

Parcours de sommeliers des bords de la Méditerranée à la rive droite de la Dordogne
Parcours de sommeliers des bords de la Méditerranée à la rive droite de la Dordogne
Parcours de sommeliers des bords de la Méditerranée à la rive droite de la Dordogne
Parcours de sommeliers des bords de la Méditerranée à la rive droite de la Dordogne

Sommelière passionnée, Marie-Hélène Dal Cin était du voyage d'étude qui a conduit, pendant trois jours, les sommeliers du Languedoc-Roussillon et Vallée du Rhône Sud dans les vignobles du bordelais. Une escapade ponctuée par douze rencontres vigneronnes qui furent autant de temps forts. Elle en partage les souvenirs...

Château Haut Chaigneaux grand ouvert

Notre deuxième journée fut consacrée à la rive droite de la Dordogne, où le cépage Merlot domine largement les assemblages. Autant la rive gauche de la veille a révélé ses diversités de sols de graves, autant ceux de ce jour sont majoritairement argileux et calcaire. Notre première étape s’est faite au Château Haut Chaigneaux en AOC Lalande de Pomerol où nous avons été reçus par Pascal Chatonnet lui-même. Ici, nous retrouvons un autre cépage accessoire du Bordelais visiblement de plus en plus replanté, à savoir le Malbec, qui est pour notre hôte « comme le poivre sur le steak ». La propriété familiale ne compte pas moins de 30 Ha où les vendanges des parcelles sont carrément fractionnées en fonction de la maturité déterminée optiquement directement à la vigne ou par drone. Nous avons achevé cette visite par la dégustation du second vin du domaine, Château La Croix Chaigneaux – millésime 2012, suivie par Château Haut Chaigneaux, assemblage de 85 % de Merlot et de 15 % de Cabernet Franc dans les millésimes 2014 et 2015. Puis nous avons poursuivi avec la cuvée « L’Archange » en AOC Saint-Emilion (1,2 Ha), monocépage de Merlot – millésime 2012, pour finir avec la cuvée « La Sergue » 2012 (assemblage de Merlot, Cabernet Franc et Malbec) en AOC Lalande de Pomerol.

Troplong Mondot, quel 1er grand cru classé !

Nous voilà maintenant partis pour le plateau calcaire de Saint-Emilion, où nous avions rendez-vous avec Myriam Ruer, Directrice Commerciale du Château Troplong Mondot, 1er Grand Cru Classé en AOC Saint-Emilion Grand Cru. Cette propriété, datant du 18ème siècle, a appartenu à trois familles successivement jusqu’à son rachat, à la mort de Madame Valette, par le groupe Scor en 2017. Les 26 hectares de vignes, en Merlot (majoritaire), Cabernet Sauvignon et Cabernet Franc, sont situés sur le point le plus haut de l’appellation avec un terroir unique de molasses de l’Agenais et de silex, où la philosophie du domaine est « le respect du sol au-delà du bio » avec 80 % du travail des sols du vignoble réalisés par 8 chevaux de trait. On retrouve la même philosophie en cave où les vinifications doivent être les moins interventionnistes avec des extractions douces pour révéler la complexité des terroirs. Cela s’est révélé lors de la dégustation des millésimes 2011, 2015 et 2017, à proximité de leur restaurant étoilé (en cours de rénovation).

Une belle verticale au château Pomeaux

Nous avons clôturé cette belle matinée avec l’appellation Pomerol, au Château Pomeaux, petit domaine de 2,20 Ha où nous étions attendus par Joël Palous et son épouse, copropriétaire avec deux investisseurs américains. Ici les grains de Merlot s’épanouissent sur des sols de sables, d’argiles et de traces de fer. Lorsqu’ils sont à maturité et donc vendangés, ils passent par une table de tri optique puis une table de tri manuelle avant de subir une macération à froid de 4 à 6 jours puis une vinification classique avec des levures indigènes. Nous avons eu l’honneur de pouvoir déguster six millésimes différents allant de 2015, 2012, 2011, 2009, 2008 et pour finir par le rare 2006, cuvées que nous avons pu largement apprécier autour d’un déjeuner préparé par nos hôtes. Moment de convivialité que nous garderons longtemps en mémoire.

Dans le fief des comtes Lur Saluces

Sur le chemin du retour, après avoir sillonné en bus les vignes de l’Entre-Deux-Mers, être passé à proximité du Domaine de Malagar si cher à Mauriac, nous arrivâmes enfin au Château de Fargues, fief familial des Comtes Lur Saluces. Forteresse bâtie en 1306 sous le Pape Clément V pour son neveu Guilhem de Fargues, le Château de Fargues est entré dans la famille des descendants actuels en 1470 lors du mariage d’une aïeule. Ils héritèrent de la même manière des Châteaux Yquem et Fillau. En 1920, un grand-oncle y planta 4 à 5 hectares et le premier millésime 1943 fut mis en bouteilles lors de l’année 1947. Aujourd’hui, 18 000 bouteilles sont produites annuellement à base de 80 % de Sauvignon et 20 % de Sémillon sur des terroirs de graves, sablonneux en surface. En moyenne 4 à 5 passages dans les parcelles sont nécessaires pour récolter sur un mois les grains au bon stade de pourriture noble dont les jus titrent 21 % vol potentiel. La fermentation alcoolique s’effectue en barrique avec un arrêt naturel à 13 -13,5 % vol puis s’ensuit un élevage de 30 mois en barriques avec bâtonnages. Après avoir religieusement écouté les propos de Philippe Lur Saluces, nos papilles se sont délectées de ces nectars, notamment du millésime 2014 où nous avons été interpellés par un accord insolite avec des huîtres du bassin d’Arcachon. Et que dire de la dégustation du très "noble" millésime 2001, associé merveilleusement à une verrine aux deux crevettes marinées aux agrumes, citronnelle et coriandre."

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