Languedoc : la transmission du domaine Lacroix-Vanel facilitée par Terra Hominis

Publié le par Jean Bernard

Marc-Olivier Bertrand (à gauche) a reçu de Jean-Pierre Vanel les bouteilles de son dernier millésime comme un symbole de la transmission du domaine. © Jean Bernard

Marc-Olivier Bertrand (à gauche) a reçu de Jean-Pierre Vanel les bouteilles de son dernier millésime comme un symbole de la transmission du domaine. © Jean Bernard

Au coeur de l'AOC Coteaux du Languedoc - Pézenas, le domaine Lacroix-Vanel est né de la volonté de Jean-Pierre Vanel. Sur 10 hectares de vignes, il a signé son premier millésime en 1998 et a donné une très forte identité aux différentes cuvées produites sur la commune de Caux et donc une réelle valeur à son exploitation viticole.

Valeur qui a rendu les choses un peu plus compliquées que prévu lorsqu'il a décidé de le mettre en vente. Les banques ne se montraient pas vraiment décidées à suivre les candidats à la reprise.

L'un d'entre eux, Marc-Olivier Bertrand, s'est montré plus empressé que les autres. Un homme au parcours marquée par de nombreuses étapes qui ont forgé son expérience pendant 15 ans. "Je suis originaire d'Alsace et je me destinais plutôt à devenir professeur de biologie. Mais ma passion était plus orientée vers le vin. J'ai suivi une première formation à Rouffach puis effectué un stage à la cave de Bestheim avant de prendre la direction de l'Australie pour étudier l'approche de la viticulture dans ce pays." Diplômé d'oenologie à Dijon après son retour en France, un stage l'a conduit au sein de la maison Boisset, en Bourgogne, puis au Domaine Ott, en Provence. "Mais l'activité d'oeno-conseil ne me convenait pas..."

130 associés ont versé 1590 € chacun

Sa volonté d'être directement impliqué dans toutes les étapes du travail de la vigne, le jeune Alsacien a pu l'exprimer pendant quatre ans à Limoux, puis dans le Beaujolais et enfin en Provence. Le savoir-faire ainsi acquis a été déterminant lorsqu'il a décidé de solliciter la société Terra Hominis pour l'aider à concrétiser la reprise du Domaine Lacroix-Vanel. "Dès ma première visite sur le domaine, fin 2015, le terroir autant que la qualité des vins produits m'ont séduit. Mon esprit vigneron et mon envie de poursuivre son oeuvre ont décidé Jean-Pierre Vanel de croire en moi même si je n'avais pas les moyens nécessaires pour financer une telle opération."

Après étude du dossier, le fonds participatif créé par Ludovic Aventin (son interview en vidéo ci-dessus) est entré en jeu. Créateur de Terra Hominis en 2011, il a déjà permis à 7 domaines du Languedoc, situés sur les appellations Faugères et Minervois-La Livinière de changer de mains et à autant de jeunes vignerons de s'installer. Dans le cas du Domaine Lacroix-Vanel, 130 associés ont acquis chacun une part pour un montant de 1590 €. Des copropriétaires qui seront intéressés aux bénéfices et toucheront des dividendes en bouteilles. En France, ils sont désormais un millier à avoir cru en cette démarche originale et à s'impliquer dans la vie de domaines dont ils sont les premiers à assurer la promotion.

Marc-Olivier Bertrand a ainsi concrétisé son rêve en signant son premier millésime en 2016 et ne bénéficiant, pendant deux ans, du soutien de Jean-Pierre Vanel dans la démarche de commercialisation en particulier.

Terroir homogène et label Bio

Au Domaine Lacroix-Vanel la démarche vers la certification Bio a débuté en 2007. Une orientation à laquelle Marc-Olivier Bertrand est tout particulièrement attaché. "La spécificité du vignoble est d'être entouré de forêts sur des sols de graves et de basalte. Il se compose d'une parcelle de 6,5 hectares d'un seul tenant et de quelques parcelles qui présentent une grande homogénéité de terroir. Les blancs sont produits sur les graves et les rouges sur les zones de basalte ainsi que de graves. Je vais conserver les cuvées déjà bien en place. Un blanc, "Le vent se lève" a pour cépage dominant le grenache blanc. En rouge, on trouve "Fine Amor" (grenache), "Mélanie" (syrah) et "Ma non tropo" (mourvèdre)."

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