Reportage : l'oenotourisme un atout économique qu'il faut encourager

Publié le par Jean Bernard

Cette année, onze domaines ont été mis à l'honneur par Inter-Rhône.  © Jean Bernard
Cette année, onze domaines ont été mis à l'honneur par Inter-Rhône. © Jean Bernard

Au château de Suze-la-Rousse, dans les locaux de l’Université du vin, les troisièmes rencontres de l’œnotourisme étaient organisées par Inter-Rhône. L’occasion pour Michel Bernard, responsable du pôle d’excellence de l’œnotourisme au Quai d’Orsay, et Martin Lhuillier, chef de produit œnotourisme à la direction marketing d’Atout France, d’évoquer le poids de cette activité à différents échelons et de faire quelques mises au point. Analyses et témoignage à découvrir aussi en vidéo.

« Nous sommes nuls de vouloir nous comparer à l’approche de l’œnotourisme tel qu’il est pensé dans la Nappa Valley ou bien dans la Rioja. Il vaut mieux essayer de savoir si on peut et surtout si on a intérêt à vouloir faire la même chose en Alsace, en Bourgogne ou en Vallée du Rhône », a souligné Michel Bernard, l’ancien président d’Inter-Rhône. Et après avoir rappelé que la charte des caveaux avait vu le jour en Vallée du Rhône, il a également tendu la main aux interprofessions. « Aujourd’hui, il revient aux interprofessions viticoles d'accompagner plus largement cet effort en direction de l'oenotourisme. Une implication plus forte en moyens humains et financiers est nécessaire pour soutenir l’action des vignerons sur le terrain et d’Atout France à l’échelle internationale. »

Objectif 4 millions d’œnotouristes étrangers d’ici 2020

Martin Lhuillier a souligné, pour sa part, le poids économique de cette activité. Laquelle constitue pour beaucoup de vignerons un complément de revenu non négligeable. Et si l’étude sur laquelle il s’est appuyé n’est pas de première fraîcheur, elle date de 2009 et la prochaine sera lancée en 2017, les chiffres sont pour le moins parlants. Ils rappellent que cette année-là, 7,5 millions de visiteurs ont arpenté le vignoble français et qu’en moyenne leur dépense d’achat de vin s’élevait à 240 € auxquels s’ajoutaient 800 € de frais de repas et d’hébergement.

« Notre mission est d’attirer toujours plus de touristes en France et en particulier dans les 66 départements viticoles réunis au sein de 17 grandes régions. S’ils représentaient 3 millions de visiteurs en 2009, les œnotouristes étrangers devront être 4 millions d’ici 2020 à découvrir quelques-unes de 10.000 caves visitables dans notre pays. Et pour eux, comme pour les Français qui représentent 61% de ces clients bien particuliers, les centres d’intérêt sont bien ciblés. Il s’agit de la visite de cave, de l’accueil au caveau, de la dégustation ainsi que de pouvoir sillonner une route des vins ou balader dans les vignes sur un circuit guidé. »
A noter que les étrangers sont belges et britanniques (10% chacun), néerlandais (4%) et allemands (3%).

Investissements et actions sont récompensés

Cette rencontre avait également pour but de mettre à l’honneur 11 domaines de la Vallée du Rhône pour les efforts réalisés. Bien entendu, tous respectent la charte de qualité ‘Vallée du Rhône, Terroirs d’Accueil’ mise en place par Inter-Rhône qui connaît depuis ses débuts une progression significative. Les caveaux de dégustation, répondant aux critères de la charte, sont classés selon trois échelons, identifiables par des feuilles de vignes.

Aujourd’hui ce sont 459 caveaux qui sont labellisés, dont 318 à l’échelon 3 (soit environ 69%).
Seuls les domaines viticoles classés trois feuilles peuvent prétendre à la nouvelle distinction œnotouristique matérialisée par une feuille dorée. Pour cela, 80% des 32 critères définis par Inter Rhône doivent être respectés.
Chaque propriétaire des onze domaines mis à l’honneur a pu présenter les axes d’animations retenus. Pour le Vaucluse ont reçu ce diplôme les domaines du Gros Pata (Vaison-la-Romaine), Tourbillon (Lagnes), Plein Pagnier (Mazan), Font Alba (Apt), Fontenille (Lauris), des Peyres (Robion) et le Château de Gourdon (Bollène). Dans le Gard, ont été récompensés les domaines de Calet (Beauvoisin) et Poulvarel (Sernhac). Enfin deux exploitations de la Drôme étaient également mises à l’honneur, les domaines des Gravennes et des Granges Neuves.

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