Meilleur sommelier du Monde 2016 Julie Dupouy a l'Irlande à ses pieds

Publié le par Jean Bernard

Julie Dupouy vivra à partir de vendredi son deuxième concours du Meilleur sommelier du monde. © Jean Bernard
Julie Dupouy vivra à partir de vendredi son deuxième concours du Meilleur sommelier du monde. © Jean Bernard

A partir de vendredi à Mendoza, en Argentine, on reconnaitra quelques sommelières parmi les 61 candidats du 15° concours A.S.I. du Meilleur sommelier du monde. Elyse Lambert (Canada) et Paz Levinson (Argentine) toutes deux déjà sacrées Meilleur sommelier des Amériques, auront d'ailleurs les moyens de bousculer une hiérarchie très masculine jusqu'à présent. Mais elles ne seront pas seules...

En effet, comme Julie Dupouy, on peut avoir grandi à Clermont-Dessous, le long de la Garonne près d'Agen, et rêver d'occuper le haut du panier... à vin. Ce qui est loin d'être simple car elle nourrit cette ambition dans un milieu où les hommes pointent en première ligne : la sommellerie.

Qu'importe, installée à Dublin depuis 2007, la jeune femme vient de remporter les trois derniers titres de meilleur sommelier d'Irlande. Et, comme ce fut le cas en 2012, ce succès lui a ouvert les portes des prochaines grandes épreuves internationales où elle portera les couleurs de son pays d'adoption.

Il faut dire qu'elle est tournée vers cet objectif précis, le concours A.S.I. du Meilleur sommelier du monde, depuis bientôt trois ans. « Au Japon, en avril 2013, j'ai terminé à 15e place sur 58 participants. Pour une première, j'étais satisfaite. » Elle a surtout vite progressé en se classant, quelques mois plus tard, au 8e rang du concours européen. « Au retour de San Remo où avait lieu ce concours, j'étais très motivée pour continuer. Et puis j'ai eu une phase de doute. Si on a la volonté d'être plus qu'un simple candidat, il faut des moyens en termes d'argent et de temps. » Goûter beaucoup de vins et de spiritueux afin de les connaître sur le bout des papilles a effectivement un coût, tout comme se rendre dans les vignobles ou bien encore pouvoir passer des jours entiers dans les livres.

Finalement la Lot-et-Garonnaise a trouvé la solution. Paul, son mari irlandais, et Mary O'Callagan, ancienne présidente de la Guild des sommeliers, l'ont aidée dans sa préparation et un partenaire a financé ses achats de boissons pour les entraînements.

De la théorie à la pratique

Parallèlement, Julie a travaillé à mi-temps au restaurant The Greenhouse et donné des cours de dégustation aux particuliers comme aux professionnels de la restauration au sein de sa société 'Down 2 wine'. En 2015, elle a sillonné les vignobles du Roussillon, de la Champagne et des Côtes du Rhône et en début d'année, elle a visité Saint-Emilion, « une appellation où j'avais quelques lacunes » reconnaît-elle.

Avant de rejoindre la province de Mendoza, elle a aussi prévu trois jours de découvertes du Chili. « Les dernières semaines de 2015 ont été consacrées à la théorie. Des boîtes et des boîtes de fiches couvertes de notes que je réactualise. A partir du 12 janvier, j'ai axé mes efforts sur la pratique avec tout le travail du service. » Une préparation vécue au rythme des contacts avec d'autres sommeliers et les échanges d'informations sur le concours. Elle sait d'ailleurs que bien des demi-finalistes du concours japonais ne seront pas là, ouvrant ainsi des portes à de nouveaux talents. « Je ne cherche pas à savoir qui sera là ou pas. Mon seul objectif est de gagner et donc d'être meilleure que les autres. »

Beaucoup d'efforts et de vrais progrès

Une ambition qui, pour être menée à bien, mobilise une énergie à la hauteur des enjeux du concours et des retombées engendrées par un succès. « Ma famille n'a pas conscience des efforts, du volume de travail et du niveau qu'il faut atteindre. Ils pensent d'ailleurs que pour moi c'est inaccessible mais ils n'imaginent pas les progrès que j'ai pu réaliser depuis mes premiers concours. »

Passionnée par les arômes, Julie aurait voulu s'exprimer dans le monde du parfum avant d'être emportée dans le tourbillon du vin. « Je l'ai découvert le jour de mes 16 ans. Mon père a ouvert une bouteille de Château marquis de Terme, un quatrième grand cru classé de Margaux, de mon année de naissance. Le déclic s'est produit à ce moment-là ! »

Et comme les années passées en Irlande n'ont effacé ni son accent ni ses souvenirs, elle évoque aussi avec émotion le Jurançon du domaine de Bory-Peyroutet qui accompagne le foie gras lors de chaque repas de fête chez ses grands-parents. Un vin de gastronomie qui serait idéal pour célébrer un titre mondial !

Samedi matin, au Park Hyatt de Mendoza, les épreuves, dans leur majorité, se dérouleront à l'écrit. © Jean Bernard

Samedi matin, au Park Hyatt de Mendoza, les épreuves, dans leur majorité, se dérouleront à l'écrit. © Jean Bernard

En 2015, pour la troisième fois, Julie Dupouy est devenue Meilleur sommelier d'Irlande.

En 2015, pour la troisième fois, Julie Dupouy est devenue Meilleur sommelier d'Irlande.

Publié dans Sommellerie, concours, VIN

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