Ils donnent une nouvelle vie à d'anciennes caves coopératives

Publié le par Jean Bernard

L'entrée de l'ancienne cave est devenue celle de l'hôtel et du restaurant. © Jean Bernard
L'entrée de l'ancienne cave est devenue celle de l'hôtel et du restaurant. © Jean Bernard

A 30 minutes de Perpignan, Bélesta est un village perché entre deux vallées. Au cœur d'un territoire viticole fait essentiellement de coteaux, il s'était doté d'une cave coopérative en 1925. Une sorte de paquebot dont les cuves pouvaient accueillir plusieurs milliers d'hectolitres de vin. Soixante-dix ans après, les vignerons locaux rejoignaient ceux de Cassagnes et le bâtiment de Bélesta alors fermé, faisait les frais de cette fusion.

« Jamais, lorsque je venais passer des vacances ici, chez mes grands-parents, je n'aurais imaginé en devenir propriétaire, reconnaît Luc Richard. Mais à la quarantaine, on fait parfois des projets. Le mien était de rejoindre un ami vigneron Jean-Michel Mailloles et de l'aider à développer son exploitation. En 2006, après notre première vinification, nous avons compris que nous étions un peu à l'étroit dans la cave de mon grand-père. C'est alors que cette friche industrielle a été mise en vente... »

Karin Püringher, son épouse allemande architecte comme lui, a racheté le bâtiment un an plus tard. « Mais avec 80 cuves c'était un peu disproportionnée. Une seule pouvant accueillir deux ans de notre récolte ! »

Deux cuves font une chambre

« L'idée de faire aussi du lieu une vitrine pour nos vins est venue assez rapidement. On voulait les présenter dans leur contexte et le projet d'un restaurant avec un hôtel, dans cette région où il n'y avait pas vraiment de concurrence, a mûri assez vite. Il nous a alors fallu un an pour concevoir cette transformation. Quand trois architectes travaillent ensemble, ce n'est pas simple... » Philippe Le Mouëllic, l'associé de Luc Richard, s'est en effet joint à la réflexion. Deux cuves de 12m² chacune sont devenues une chambre grâce à l'ouverture d'une porte entre le deux mais aussi de fenêtres donnant sur une terrasse. D'un côté la partie nuit, de l'autre un dressing avec salle de bain et sanitaire.

Les contraintes techniques ont cependant constitué un problème d'envergure. « Une année de travail a été nécessaire pour la démolition, une autre pour la construction et l'aménagement et une autre pour corriger quelques bêtises. Notre établissement a en quelque sorte essuyé les plâtres mais aujourd'hui, nous maîtrisons tous les paramètres », reconnaît Luc Richard. S'ils sont déjà intervenus dans l'hôtellerie en Suisse (Park Hôtel Vitznau, près de Lucerne) et en Autriche où Karin et lui ont planché sur la rénovation du Palais Coburg, jamais ils n'avaient été confrontés à une telle opération.

Un savoir-faire sollicité

Avec 11 chambres et 7 suites, un restaurant gastronomique, une salle de séminaire et de confortables salons, ils ont donné à Riberach, leur établissement, un confort quatre étoiles. Ils ont également trouvé en Laurent Lemal un cuisinier qui leur a permis de décrocher un macaron Michelin en mars 2014. avant de disputer la finale du concours du Meilleur ouvrier de France.

Parallèlement à ce positionnement haut de gamme, le trio d'architectes a également travaillé sur la dimension environnementale de l'opération. Le toit est couvert de panneaux photovoltaïques, le chauffage est assuré par la géothermie, la filtration de l'eau de l'étang de baignade est réalisée par les plantes, l'eau de pluie est récupérée dans des cuves souterraines pour assurer l'arrosage et l'alimentation de l'étang. « Enfin, avec le soutien de l'Ademe, nous avons mené un projet pilote avec le stockage de l'énergie thermique dans d'autres cuves enterrées. Ainsi aujourd'hui Riberach est à tous les niveaux la vitrine d'un savoir-faire et d'une réflexion globale... »

Ce savoir-faire, a conquis un artisan nougatier gardois. Il a racheté la cave de son village et confié son aménagement à Luc Richard et Philippe Le Mouëllic. De la redistribution des espaces à la conception du mobilier, ils ont lancé ce grand chantier qui doit permettre à l'artisan de produire, mais aussi d'organiser des visites, de posséder un espace de dégustation et de vente et surtout d'adjoindre une chocolaterie et une biscuiterie à son outil de travail qui sera livré au printemps 2015.

« Nous faisons l'objet d'autres sollicitations et nous répondons à toutes. Nous sommes persuadés que l'on peut transformer une cave de différentes façons. Il est simplement nécessaire que les bâtiments proposés fassent date et mérite de voir une nouvelle histoire s'y écrire », conclut Luc Richard.

Un bâtiment imposant qui accueille restaurant étoilé, 18 chambres et suites et un spa en pays catalan. © Jean Bernard

Un bâtiment imposant qui accueille restaurant étoilé, 18 chambres et suites et un spa en pays catalan. © Jean Bernard

Karin Püringher et Luc Richard ont transformé vingt-deux cuves en onze chambres très confortables. © Jean Bernard

Karin Püringher et Luc Richard ont transformé vingt-deux cuves en onze chambres très confortables. © Jean Bernard

La salle de restaurant a remplacé la zone technique de l'ancienne cave. © Jean Bernard

La salle de restaurant a remplacé la zone technique de l'ancienne cave. © Jean Bernard

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